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REVUEOLYMPIQUE31LE CIO ET L'ENVIRONNEMENTDepuis sa formation il y a plus de 100 ans, leComité International Olympique (CIO) s'estappliqué à promouvoir une culture intégréedu sport et de l'éducation, qui définit le sport commeun modèle de paix et d'harmonie et où les valeursolympiques d'excellence, d'amitié et de respect sontpréservées. Ces engagements ont perduré, pour unelarge part grâce à la nature intemporelle de la pratiquedu sport et à la pureté fondamentale de l'effort dontfont souvent défaut les autres entreprises humaines.La joie d'une compétition saine, la satisfaction d'un jeujuste et la fierté ressentie à s'efforcer de faire de sonmieux sont autant de traditions sportives universellesqui incitent le CIO à accomplir son devoir. Ces valeurssubsistent à l'épreuve du temps, elles l'ont toujours fait et elles continueront de le faire.MAIS EST-CE SI SÛR?Alors que le sport apparaît aussi pur et intemporel, il est difficile d'en dire autant de l'environnementdans lequel il est pratiqué. La fragilité de plus en plus manifeste de celui-ci ne va pas sans menacerdirectement l'avenir du sport et des idéaux qui sont le fondement même de l'Olympisme. Les athlètes,après tout, ont besoin d'un cadre propre et sain dans lequel s'entraîner, concourir et exprimer toutleur potentiel. Cet environnement, l'air, l'eau et la nourriture devraient, à tout le moins, respecter des normes de base, et proposer un espace, desinstallations sportives et de loisirs adéquats. Sanscela, la joie si communément associée au sport en sera diminuée autant que l'envergure de lacompétition et le désir de participer. Fort heureusement, un nombre croissant d'athlètes,de ligues sportives et d'organisateurs de compétitions, à tous les niveaux de jeu et dans le monde entier, nerestent pas sans agir pour que les générations à venirpuissent jouir du sport autant que celles d'aujourd'hui.Outre le soutien à des activités de protection de l'environ-nement lancées par les organisations non gouverne-mentales et les autorités chargées de l'environnement, la communauté sportive prend des mesures proactivespour garantir que la pratique du sport ne contribue pas à la dégradation de l'environnement. Une attention toutespécifique est accordée à un certain nombre de secteurscomme l'usage des terrains, la construction desinstallations, les émissions de CO2, la consommationd'énergie et la préservation des ressources.Le CIO a mené ce changement. Il a été l'une despremières et des principales organisations sportives àenvisager sérieusement l'impact que les conditions del'environnement peuvent avoir sur la pratique du sport, etinversement à reconnaître l'impact significatif que le sportpeut avoir sur celui-ci. Le CIO a été l'un des premiers àdéfendre un environnement durable, à instituer politiqueset programmes environnementaux d'envergure, et à tenircompte de l'environnement dans toutes ses actions.Cette position audacieuse et cette volontéd'examiner sérieusement l'interaction entre le sport etl'environnement sont à la base de ce qui est devenu letroisième pilier du Mouvement olympique. Aujourd'hui,l'environnement figure, aux côtés du sport et de laculture, comme une dimension fondamentale del'Olympisme. Cela requiert du CIO et du Mouvementolympique qu'ils usent de tout leur pouvoir pour garantirun héritage durable sur l'environnement au profit desathlètes et des passionnés de sport de demain. ?À gauche: Traversée du pont suspendu de Capilano à Vancouver, Canada - ville hôte des Jeux Olympiques d'hiver de 2010. «LE DÉVELOPPEMENTDURABLE SATISFAIT LES BESOINS DE LA GÉNÉRATION ACTUELLESANS COMPROMETTRE LES CHANCES DES GÉNÉRATIONS À VENIR DESATISFAIRE LES LEURS.»EXTRAIT DE NOTRE AVENIR COMMUN, RAPPORT DE LA COMMISSION BRUNDTLAND DELA COMMISSION MONDIALE DES NATIONS UNIES SUR L'ENVIRONNEMENT ET LEDÉVELOPPEMENT(4 AOÛT 1987)

32REVUEOLYMPIQUEwww.olympic.orgLE CIO ET L'ENVIRONNEMENTLE VERDISSEMENT DES JEUXOLYMPIQUES L'intérêt précoce et assidu du CIO pour l'environnementne devrait pas surprendre. L'obligation qui lui est faited'être socialement responsable remonte aux origines de la Charte olympique. Celle-ci stipule, en effet, que«le but de l'Olympisme est de mettre le sport au servicedu développement harmonieux de l'homme en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse depréserver la dignité humaine». Bien que ce but énoncé pour la première fois en 1894 ne fasse passpécifiquement mention de l'environnement, il estévident que le développement harmonieux desindividus, de la paix et de la dignité humaine sontextrêmement dépendants de l'état de l'environnementdans lequel ces idéaux sont poursuivis. Nombre de personnes font remonter les originesdu programme environnemental du CIO aux années qui précèdent immédiatement les Jeux Olympiquesd'hiver à Lillehammer, Norvège. À l'époque, lanécessité de protéger l'environnement commençaitseulement à poindre significativement, passant d'unsujet d'intérêt commun à quelques organisations nongouvernementales au mouvement mondial qui allaitcapter l'attention du monde entier: gouvernements,milieux d'affaires et grand public. Les Norvégiens n'ont pas été étrangers à cette prise de conscienceécologique. Et pour eux, la tenue des Jeux Olympiquessur leur propre sol fut l'excellent prétexte qui consacraleur singulière inclination pour la nature. Les activistes de Lillehammer, les groupes depression norvégiens et aussi certains sponsorsolympiques regroupèrent leurs forces pour exigerunanimement du comité d'organisation qu'il prenneen compte la protection de l'environnement. Ils sefirent entendre, se montrèrent tenaces et finalementparvinrent à ce que le comité réponde à leurspréoccupations au sujet des Jeux, qui allaient de la dégradation de l'air à la déforestation. Sans surprise, les réunions initiales entre les deux parties prirent l'allure de pugilats au coursdesquels s'affrontaient un type de priorités (protégerl'environnement à tout prix) à un autre (tenir des JeuxOlympiques offrant une expérience optimale auxathlètes et aux spectateurs). Un conflit violent portasur les plans de construction de la halle olympiquedestinée au patinage de vitesse située près d'uneréserve d'oiseaux sur le lac Mjøsa. De concert avecles associations de protection, le comité reconnutfinalement qu'il pouvait retenir les demandes desactivistes et minimiser l'impact du site sur la réservedes oiseaux en déplaçant simplement l'entréepublique du bâtiment sur la façade arrière del'installation, à l'opposé de la réserve. À compter de cette petite concession de conception, laconfrontation se transforma en collaboration, et lecomité d'organisation s'appliqua à travailler avec les autorités environnementales et les volontairesà l'élaboration d'une politique complète et d'un plan d'action intégral qui transformèrent les Jeux d'hiver de 1994 en un modèle de respect de l'environnement (voir l'encadré). Le reste, comme on dit, c'est de l'histoire. LE DÉFI DE RESTER VERTLes succès de l'environnement à Lillehammer ontouvert un nouveau chapitre dans l'histoire duMouvement olympique. Non seulement ils ont démontréque l'environnement et les grandes manifestationssportives peuvent coexister, mais ils ont égalementsouligné la valeur et la nécessité de collaborer avec despartenaires essentiels en vue d'objectifs communs.Le CIO observa avec beaucoup d'intérêt ledéveloppement de l'expérience de Lillehammerconcernant l'environnement. De par la réaction positivedes participants, des passionnés et des médias, ilcomprit que les Jeux Olympiques ne pourraient jamaisplus être organisés sans une attention semblable auxdétails de cette question. Il se devait de garantir queles importantes leçons tirées de cette expérience àLillehammer auraient un prolongement et seraientreprises, non seulement pour les Jeux à venir, maisdans la fabrique intrinsèque du Mouvement olympique.À première vue, il pouvait paraître simple pour le CIO d'appliquer le modèle de Lillehammer aux éditions suivantes des Jeux et autres activitésolympiques. En fait, rien n'aurait pu être moins vrai.Avant d'étendre ses attributions pour prendre encompte une question aussi complexe et aussi vaste que l'environnement durable, aux facettes aussi nombreuses, le CIO devait encore envisagerplusieurs éléments fondamentaux.Le premier d'entre eux, c'est le rôle que joue - ou non - le CIO dans la gestion des affairescourantes des organisations membres du Mouvementolympique. En tant qu'organisme faîtier, il fixe deslignes directrices souples, offre des conseils et unsoutien, et coordonne les activités entre lesorganisations. Certes, il insiste sur l'adhésion absolueà la Charte olympique, mais exige peu des membresdu Mouvement olympique, préférant laisser la gestionindividuelle et quotidienne des sports aux FédérationsInternationales (FI), la promotion de l'Olympisme danschaque région aux Comités Nationaux Olympiques(CNO) et l'organisation des Jeux Olympiques auxcomités d'organisation des villes hôtes. Avec une tellestructure, il paraît difficile d'imposer des standardsstricts en matière d'environnement à toutes lesparties concernées. Ce que le CIO pouvait faire,néanmoins, c'était d'encourager l'ensemble duMouvement à considérer les Jeux de 1994 commeexemplaire pour l'environnement, de définirclairement le nouvel engagement du Mouvementolympique envers la protection de l'environnement et se placer lui-même en tant qu'autorité à même de fournir conseils et soutien le cas échéant. En outre, le CIO a perçu que le relativismeenvironnemental existant dans le monde du sport allaitdevoir être reconnu et respecté. Chaque sport exigediverses conditions d'environnement pour parvenir auxmeilleures performances. Et inversement, l'impact dechaque sport sur l'environnement est différent. Ainsi, lesalage des routes peut être un élément crucial pour lesathlètes et les promoteurs des compétitions de sportsd'hiver. Cette préoccupation n'est évidemment pas lapriorité des organisateurs d'épreuves d'athlétisme surpiste, pour lesquels la qualité de l'air revêt une bienplus grande importance. Pour contenir ces distinctions,le CIO devait proposer un cadre assez large en ce quiconcerne le développement durable et inciter lesmembres du Mouvement olympique à développer des plans d'action environnementaux adaptés à leurspropres situations et priorités. La définition de priorités dans l'action environne-mentale était encore plus urgente dans le contextedes Jeux Olympiques, puisque aussi bien les éditionsLILLEHAMMERLes Jeux d'hiver de 1994 à Lillehammer ontaccompli avec succès de nombreuses actions: ?Construction de sites avec du matériel en grande partie d'origine locale,conformément aux strictes mesures depréservation d'énergie et en gardant uneattention sur leur usage dans l'avenir ?Pistes de ski redessinées pour éviter desforêts intouchées ?Récupération d'une demi-tonne de cartouches tirées durant les épreuves de biathlon pour éviter la contaminationpar le plomb?Utilisation d'assiettes et de couverts encarton recyclable