page 1 page 2 page 3 page 4 page 5 page 6 page 7 page 8 page 9 page 10 page 11 page 12 page 13 page 14 page 15 page 16 page 17 page 18 page 19 page 20 page 21 page 22 page 23 page 24 page 25 page 26 page 27 page 28 page 29 page 30 page 31 page 32 page 33 page 34 page 35 page 36 page 37 page 38 page 39 page 40 page 41 page 42 page 43 page 44 page 45 page 46 page 47 page 48 page 49 page 50 page 51 page 52 page 53 page 54 page 55 page 56 page 57 page 58 page 59 page 60 page 61 page 62 page 63 page 64 page 65 page 66 page 67 page 68 page 69 page 70 page 71 page 72 page 73 page 74 page 75 page 76 page 77 page 78 page 79 page 80 page 81 page 82 page 83 page 84
|
www.olympic.orgREVUEOLYMPIQUE45La protection de l'environnement puis ledéveloppement durable sont devenus durantles dernières décennies des objectifs prioritairespour les différentes sociétés du monde en ce début de3èmemillénaire, qu'il s'agisse des sociétés post-industrielles comme des sociétés en voie dedéveloppement. Mais ces concepts nécessitent, d'unepart, une adhésion et une mise en oeuvre active de tous,de l'individu aux instances politiques en passant parl'ensemble des organisations économiques et socialeslocales, régionales et mondiales, et remettent enquestion, d'autre part, un certain nombre de modes devie hérités de l'ère industrielle. Par ailleurs, le choix desméthodes à mettre en oeuvre et l'appréciation desrésultats obtenus lors de la mise en application de cesconcepts qui mobilisent différents domaines vontnécessiter le développement d'outils d'évaluationoriginaux. C'est là que résident les principales difficultésde la mise en application pour ceux qui souhaitentdépasser le stade des bonnes intentions.Le Comité International Olympique a non seulementfait oeuvre de pionnier dans l'acceptation de cesconcepts, mais il a également souhaité en faciliter lamise en oeuvre. À cet effet, il publie depuis 1997 uncertain nombre d'ouvrages expliquant d'une part le rôleque doit jouer l'ensemble de la famille olympique pour laprotection de l'environnement (Manuel sur le sport etl'environnement; CIO, Lausanne 1997, révisé en 2005)et le développement durable (Agenda 21 du Mouvementolympique; CIO, Lausanne 1999), et fournissant d'autrepart des pistes pratiques pour la mise en application deces concepts (Guide sur le sport, l'environnement et ledéveloppement durable; CIO, Lausanne 2005).L'idée centrale du CIO en la matière est que l'être humain est partie intégrante, voire centrale, del'environnement et que toute atteinte à son intégrité est aussi une atteinte à l'ensemble de l'environnement.Le respect de l'environnement doit donc commencer par le respect de la personne. Ceci concerne enparticulier sa dimension biologique. Il s'ensuit que lalutte contre les drogues, le dopage et les narcotiques,qui ont à long terme des effets psychologiques etphysiologiques graves sur les individus, contribue aussi à la protection de l'environnement et va dans le sens du développement durable. ?Ci-dessus Les activitéssportivespeuvent offrir un modèle pour protégerl'environnementet favoriser ledéveloppementdurable.DÉPASSERLESBONNESINTENTIONSJOSEPH TARRADELLASETDOMINIQUE ROSSELESTIMENT QUE LORSQU'IL S'AGIT DU SPORT, DE L'ENVIRONNEMENT ET DU DÉVELOPPEMENT DURABLE, LES ACTES SONT PLUS ÉLOQUENTS QUE LES PAROLES. 46REVUEOLYMPIQUEwww.olympic.orgRECHERCHE OLYMPIQUEPar ailleurs, qu'une activité sportive ait lieu dans lanature ou dans un stade, le critère essentiel à respecterest d'éviter qu'elle constitue une atteinte supplémentaireau milieu dans lequel elle se déroule. Ainsi toute activitésportive devrait éviter de: ?Polluer les eaux; ?Rejeter des déchets solides; ?Émettre des gaz toxiques détruisant la couched'ozone ou à effet de serre; ?Polluer ou dégrader les sols;?Participer à la déforestation; ?Diminuer la biodiversité; ?Dégrader physiquement ou esthétiquement lepaysage; ?Diminuer les ressources non renouvelables. En ce qui concerne le développement durable, il estessentiel que les activités sportives évitent de: ?Gaspiller les ressources en matières premières,énergie et eau; ?Marginaliser un groupe ou une partie de lapopulation; ?Porter atteinte à la culture et aux croyances; ?Porter atteinte aux activités économiques locales. Enfin, le sport peut être une activité exemplaire pouraméliorer la protection de l'environnement et ledéveloppement durable. Ainsi, par le sport, on pourra: ?Faire connaître et apprécier la nature; ?Lutter contre les atteintes à la santé dues auxenvironnements pollués; ?Favoriser une mobilité peu polluante et économe enressources; ?Aider les différents groupes de la société à serencontrer et à se comprendre; ?utter contre les ségrégations de tout type; ?Protéger les jeunes contre les violences dont ilspeuvent être l'objet; ?Participer à l'intégration des groupes défavorisés etdes personnes atteintes d'un handicap.C'est par son attitude que le sportif, et ce quelles quesoient ses activités (activités physiques, compétitions,administration du sport, création et gestion d'infrastruc-tures, équipementiers, public et médias), met en appli-cation ces critères. En résumé: le sportif agit par lesport. Le CIO a ouvert la voie en donnant de plus en plusd'importance aux aspects environnementaux dans lescritères que doivent respecter les villes candidates àl'accueil des Jeux Olympiques. Des avancées importantes ont également étéréalisées par l'ensemble des autres acteurs du mondesportif lorsqu'il s'agit de corriger, en faveur del'environnement, des aspects purement techniques.Citons l'interdiction de produits dangereux (parexemple: solvants aromatiques pour les colles d'objets en caoutchouc, amiante dans les bâtiments,antifoulings à l'étain en voile), la maîtrise d'autresproduits potentiellement polluants (liquidesréfrigérants, neige artificielle, plomb des balles de tir, etc.), les économies d'énergie dans lesbâtiments, ou encore le tri des ordures lors desgrandes manifestations. Cette liste n'est pasexhaustive et chaque nouvelle installation, chaquenouvel événement voit des avancées réjouissantes. Ilfaut s'en féliciter et saluer les efforts réalisés en cesens, en particulier par les Fédérations Internationales,les constructeurs d'installations sportives et leséquipementiers.On constate toutefois que le passage àl'application ne se fait pas aussi rapidement qu'ilserait souhaitable dès qu'il s'agit d'énergie et desaspects économiques et sociaux du développementdurable. La raison en est que ce sont là des domainesoù la protection de l'environnement et la promotion dudéveloppement durable mettent en question notremode de vie et les principales méthodes degouvernance mondiale. Le développement durablenécessite en particulier de favoriser le développementau niveau local des échanges d'énergie et de matièrespremières. Une des formes d'application de ceconcept est l'écologie industrielle qui a pour but demettre en cycle fermé les différentes activités d'unerégion donnée de façon à minimiser les dépensesénergétiques dues aux transports, et de favoriser lerecyclage et la réutilisation des matières ou desénergies en jeu. L'écologie industrielle s'accommodedonc mal de la mondialisation actuelle des échanges.Prenons un autre exemple: celui des économiesd'énergie. Il n'échappe plus à personne que notremonde ne peut continuer longtemps à utiliser sansrestriction des sources d'énergie non renouvelables etque celles-ci sont la principale cause duréchauffement planétaire. À cet égard, les modes detransport doivent tout particulièrement être mis encause. Bien sûr, la promotion et l'existence de réseauxfiables de transport sont un facteur essentiel deprogrès, mais pas n'importe comment. Si l'onsouhaite encourager un progrès durable, préserver lesressources énergétiques et contribuer à la lutte contrel'effet de serre, il faut avoir une volonté affirmée depromotion des transports en commun et des modesde propulsion les moins gourmands en énergies nonrenouvelables.Pour le monde sportif, cela implique unchangement de mentalité qui n'est pas encoretotalement entré dans les moeurs. Ainsi la tenued'évènements sportifs de grande envergure devrait |