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www.olympic.orgREVUEOLYMPIQUE47RECHERCHE OLYMPIQUEêtre plus une occasion de multiplier et de rendreattrayants les transports en commun que deconstruire de nouvelles autoroutes. Il est indispensableque les autorités et les organisations sportivesmontrent l'exemple en faisant le choix, pour leurtransport, de véhicules à faible consommation decarburant (par exemple: moteurs diesel de nouvellegénération, moteurs hybrides, traction électrique). Unecompensation de la pollution atmosphérique due auxtransports requis par les évènements sportifs (commel'action "Green goal", lors du dernier Mondial defootball) est un premier pas encourageant. Mais ilfaut aller plus loin et arriver à des événements où les déplacements des organisateurs, des athlètes,des médias, du public seraient entièrement assuréspar les transports publics ou des véhicules à faibleconsommation de carburant non renouvelable. Des événements dont l'héritage serait un réseauperformant et attrayant de transports publics ou unélan durable donné à l'utilisation de la bicyclette etdes véhicules à faible consommation de carburant.Dans l'esprit du développement durable, ce typed'héritage est tout aussi important que lesaménagements ou les constructions. Un dernier pointau sujet de l'énergie: il faut se méfier des mythestrompeurs dans ce domaine. Deux exemples à cetégard: le nucléaire et les biocarburants. La méfiancevis-à-vis du nucléaire a été principalement alimentéepar le problème des déchets qu'il génère et parl'espoir de progrès significatifs dans le domaine desénergies douces comme, par exemple, le solaire. Ces progrès se font toujours attendre et il apparaîtde plus en plus que le problème des déchetsnucléaires est bien moins grave que l'augmentationde l'effet de serre dû à l'utilisation des combustiblesfossiles. Combustibles fossiles dont la seulealternative actuelle pour la production d'électricitéreste le nucléaire (là où il ne reste plus de sourcesd'énergie hydroélectrique disponibles). Autre mythe:les biocarburants. Si ceux-ci peuvent constituer danscertains cas un moyen de réduire la consommationde pétrole, ils ne pourront en aucun cas remplacercette source d'énergie sauf à détruire encore plus les forêts tropicales ou à se substituer à des cultures vivrières indispensables pour nourrir les populations les plus défavorisées dans les pays en développement.La protection de l'environnement et ledéveloppement durable nécessitent de prendre encompte et d'harmoniser des concepts divers (biologie,écologie, chimie, architecture, sociologie, économie)que nos modes de pensée traditionnels n'ont pasl'habitude de considérer ensemble. Il faut donc mettreen oeuvre de nouveaux modes d'évaluation qui soientadaptés à cette interdisciplinarité. La mise en placedes normes classiques existantes s'avère souventcomplexe, chère et ne s'adapte que partiellement àce besoin d'interdisciplinarité. Mais surtout, cesmoyens d'évaluation doivent permettre aux différentsacteurs de la famille olympique d'améliorer leurpratique dans ces domaines. Pour cela, il estindispensable de favoriser les méthodes reposant surl'autoévaluation. Ces outils doivent être simples etflexibles pour s'adapter aux possibilités d'action desdifférents acteurs (athlètes, managers, organisateurs,public, équipementiers). Ils commencent à êtredisponibles sur Internet sous forme de "check-lists" etsont facilement accessibles partout dans le monde. Le Comité International Olympique a fait oeuvre depionnier dans la protection de l'environnement et ledéveloppement durable, mais il reste encore beaucoupde chemin à parcourir pour dépasser le stade desbonnes intentions, en particulier pour les aspectssociaux et économiques du développement durable.Toutefois, il faut bien être conscient que les progrès àréaliser ne pourront se faire que si toutes les sociétés, et en particulier les pays les plus riches, sont prêtes àaccepter des changements de mode de vie qui pourrontsembler parfois douloureux mais qui, dans tous les cas,le seront moins que les guerres et les catastrophesécologiques qui ne manqueront pas de se produire sirien ne change.?Joseph Tarradellasest professeur honoraire à l'ÉcolePolytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL).Dominique Rosselest docteur en environnement et écotoxicologie.Àgauche Grâce au sport, il est possible de sensibiliser le public à lanature et à ses bienfaits.À droite Les grandesmanifestationssportives tellesque les Jeuxdevraient êtreune occasion de développer et de rendre plus attractifs les transports en commun. 48REVUE OLYMPIQUEwww.olympic.orgPÁL SCHMITT Q & RRO:Quelles sont, selon vous, les principales réussitesdu CIO et de sa commission sport et environnementen matière d'environnement ces 15 dernières années?PS: Notre plus grande réalisation a été de favoriser la prise de conscience des membres de la familleolympique aux questions de l'environnement et dudéveloppement durable. Aujourd'hui, les entraîneurs, les athlètes, les Comités Nationaux Olympiques (CNO) les Fédérations Internationales (FI) et les comitésd'organisation des Jeux Olympiques (COJO)reconnaissent tous que le sport peut avoir un effet surl'environnement. Et ils admettent comme étant d'égaleimportance qu'un environnement durable exige uneaction commune et l'engagement de toutes les parties. RO:Comment le CIO et sa commission sport et envi-ronnement sont-ils parvenus à cette sensibilisation?PS:Nous avons procédé de plusieurs façons dans lesport. Nous avons développé un Agenda 21 duMouvement olympique, en nous basant sur le modèlede l'ONU, en tant que plan d'action pour un développe-ment durable et, en collaboration avec les FI, nousavons publié un guide détaillé du développementdurable destiné à chaque sport olympique. Désormais,un certain nombre de sports, de l'aviron au cyclisme enpassant par le ski et le tir à l'arc, disposent de leurspropres lignes directrices en matière d'environnement.Et pas plus tard que l'an dernier, la FIFA a, pour la pre-mière fois, organisé sa Coupe du monde avec desobjectifs verts très stricts. Ce sont là d'immenses pro-grès. Cet éveil des consciences a également résulté del'exemple qu'ont représenté les Jeux Olympiques. Lescomités d'organisation des Jeux d'été et d'hiver sesont montrés d'excellents partenaires et ont pris trèsau sérieux leurs responsabilités à ce sujet. Par cesexemples, nous avons encouragé les centaines de mil-liers de compétitions qui se déroulent chaque annéedans le monde à réfléchir de manière globale et à agirlocalement. Chacune d'entre elles peut accomplir sapart dans l'amélioration de l'environnement, qu'ils'agisse d'épargner de l'énergie ou de promouvoir lapropreté de l'eau et la fraîcheur de l'air. Aucune actionsur l'environnement n'est trop minime. Tout effort estpertinent et sert à faire la différence. RO:Que fait la commission sport et environnementaujourd'hui pour promouvoir le programme du CIOen matière d'environnement?PS:C'est avec beaucoup de fierté et d'honneur que jemène une commission aussi fondamentale qui participeactivement au sein de plusieurs organes décisionnels du CIO. C'est ainsi qu'il y a toujours un représentant del'environnement au sein des commissions d'évaluationdes villes candidates. Et nous avons aussi des délégués au sein des commissions de coordination quiaident les comités d'organisation à la planification, laconstruction et la mise en place des Jeux Olympiques.Par ailleurs, nous envisageons la création derécompenses pour saluer les réalisations nationales etinternationales dans le domaine de la promotion du sportet de l'environnement. Ce type de trophées nous fourniraune bonne occasion de défendre l'environnementdurable auprès d'audiences plus vastes. RO:Comment voyez-vous évoluer l'environnementdurable des Jeux Olympiques dans l'avenir?PS:Nous continuerons à nous efforcer de réduire auminimum l'impact environnemental des Jeux Olympiquesqui peuvent entraîner une énorme pression sur le cadrenaturel des villes hôtes. Nous insisterons toujours plus sur le respect de l'environnement durant la préparationdes Jeux. Nous examinerons comment nous pouvonstirer parti des nouvelles technologies et méthodes degestion pour nous aider à minimiser les effets surl'environnement de la tenue des Jeux. Nous défendronsl'usage des études de faisabilité pour garantir que lesnouveaux sites serviront la prochaine génération et lessuivantes. Nous continuerons à examiner de manièreapprofondie les rapports d'impact sur l'environnementdes villes candidates au moment de retenir les villeshôtes des Jeux. Et, autant que possible, nous inciterons àl'usage des installations existantes. C'est avec beaucoupde plaisir que je peux annoncer que les villes choisiespour accueillir les Jeux Olympiquesde la Jeunesse quicommenceront en 2010 ne seront pas autorisées àconstruire de nouvelles infrastructures pour ces Jeux.Ainsi ces Jeux serviront d'excellent exemple à tous.Enfin, nous continuerons à approfondir nos relationsavec les organisations non gouvernementales et àcollaborer avec les populations locales pour assurerl'environnement durable des Jeux Olympiques. RO:Quel rôle joue la collaboration dans les succèsenvironnementaux du CIO? PS:Au cours de mes 24 ans d'appartenance au CIO, j'aipu me rendre compte que les seuls efforts fructueux sontceux qui sont faits en commun. Et cela s'est démontrédans le cadre de la protection de la nature par le sport.Nous pouvons compter sur des collaborateurs dans ce domaine, les autres organisations du Mouvementolympique comme les FI, les CNO, les COJO. Les athlètesolympiques sont également essentiels à notre succès, car ce sont d'excellents ambassadeurs du programme dedéfense de l'environnement. Et il y a le Programme desNations Unies pour l'environnement, les villes candidateset les villes hôtes. Les médias sont extrêmement précieuxaussi, de même que les organisations non gouvernemen-tales de défense de l'environnement. Ces groupes trèsanxieux de parvenir à améliorer l'environnement, peuventse montrer très critiques de notre action. Mais ce sontaussi d'excellents partenaires dans la poursuite d'objectifscommuns, et ils nous encouragent constamment à enfaire davantage. Enfin, nous étendons ce réseau de colla-boration plus loin en y ajoutant nos partenaires TOPmondiaux. En effet, certains de nos sponsors, tels queCoca-Cola et GE (voir p. 42), insistent sur le développe-ment durable dans leurs produits et services et proposentdes solutions et programmes verts aux Jeux Olympiques.Nous devons inciter les autres sponsors à suivre leur trace.RO:La commission sport et environnement co-organiseavec le PNUE la prochaine conférence mondiale sur le sport et l'environnement à Beijing. Que peuventattendre les participants de cette manifestation? PS:Il est important que la conférence mondiale aitlieu à Beijing. Elle attirera ainsi l'attention sur les pro-DÉVELOPPEMENTDURABLE:UNREGARD DEL'INTÉRIEURPÁL SCHMITT, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION SPORT ET ENVIRONNEMENT DU CIO, REVIENT SUR LES INITIATIVES DU MOUVEMENT OLYMPIQUE EN MATIÈRE D'ENVIRONNEMENT ET SON ÉVOLUTION DANS L'AVENIR. INTERVIEW: REVUE OLYMPIQUE |