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62REVUEOLYMPIQUE www.olympic.org/fr/organisation/commissions/solidarity/index_fr.aspSOULEVERLESPOIDSLEREGARDLOINENAVANTPETER REES A RENCONTRÉ DEUXHALTÉROPHILES ORIGINAIRES DE PETITESÎLES D'OCÉANIE QUI COUVENT L'ESPOIR DERELEVER LE DÉFI DES JEUX ET DEDÉCROCHER DES MÉDAILLES À BEIJING.SOLIDARITÉ OLYMPIQUEÀ gauche:Manuel Minginfeldans la catégoriedes 62 kg àAthènes.Ci-dessous, àdroite: Minginfelavec Paul Coffa.À droite: Yukio Peter aux Jeux duCommonwealth.

REVUEOLYMPIQUE 63SOLIDARITÉ OLYMPIQUE Ils viennent d'îles si petites que les repérer sur unecarte est déjà toute une affaire en soi. Mais avecune once de chance, ces points dans l'océans'illumineront l'an prochain avec les Jeux de Beijing.Porteurs de tous les espoirs du plus petit pays dumonde, Nauru (13 000 habitants), et de la Fédérationdes États de Micronésie (109 000 habitants) guèreplus étendue dans le Pacifique, ces deux haltérophilesont défié la pauvreté, l'isolement et la disparition deleurs parents pour être désormais sur le point degagner une médaille olympique improbable.Manuel Minginfel, 28 ans, de Nauru et Yukio Peter,23 ans, de l'île de Yap, FSM, sont les athlètes primésdel'Institut de formation de la Fédération océanienned'haltérophilie à Apia, Samoa. Le centre est dirigé parl'entraîneur d'haltérophilie Paul Coffa, particulièrementrespecté dans cette partie du Pacifique, où il joue à lafois le rôle de référent paternel et de mentor pour 25 athlètesboursiers de la région qui vivent ets'entraînent à l'Institut. Bien qu'ils s'expriment tous dansune langue différente, Coffa les a moulés dans unecellule familiale étroitement liée. Cette formule a permisde former des champions d'haltérophilie dans cette partiedu monde depuis le milieu des années 90, et à présentMinginfel et Peter représentent le meilleur de la troupe.Même avec leurs qualités naturelles, ils seraienttous les deux restés sur leur île natale sans se rendrecompte de leur potentiel sans le financement essentielfourni par la Solidarité Olympique, qui paiel'hébergement et distribue l'argent de pochehebdomadaire. Elle prend en charge également les frais de déplacement pour se rendre à ces compétitionscruciales que sont les Championnats du monde.«Yukio est un haltérophile très déterminé. Jel'entraîne depuis qu'il a commencé en 1998, alorsqu'il avait 13 ans. Il est encore très jeune, mais il ale potentiel considérable de devenir un champion dumonde dans sa catégorie», estime Coffa. Il est convaincu que Peter est bien capable definir dans les quatre premiers des 77 kg à Beijing. «Manuel est également un haltérophile de classemondiale. Il l'a prouvé aux Championnats du monde à Saint-Domingue l'an dernier où il a remporté unemédaille d'argent lui aussi. Bien entendu, la compétitionest implacable et il lui faudra certainement affronterdeux haltérophiles chinois dans la catégorie des 62 kg,l'une de celles qu'ils dominent depuis le retrait de Naim Suleymanoglu, le triple médaillé d'or turc.»Cette année, les deux haltérophiles se sont alignéspour leur pays respectif aux Jeux du Pacifique Sud à Apia en août. Tous les deux ont remporté l'or, dans lacatégorie 56 kg pour Minginfel et des 77 kg pour Peter.On peut également s'attendre à les retrouver parmi lesquatre premiers de la Coupe du monde de la Fédérationinternationale d'haltérophilie qui aura lieu à Apiaégalement. Mais l'objectif numéro un, ce sont lesChampionnats du monde en Thaïlande de septembre. Ils sont suffisamment bien entraînés dès à présentpour s'assurer une médaille olympique si l'on s'entient à leurs meilleures performances personnelles.Minginfel soulève actuellement 293 kg au total, tandisque celui impressionnant de Peter, 350 kg au total,comprend 202 kg en épaulé-jeté. Mais ils sontréalistes quant à leurs chances, car soulever les poidsà l'entraînement est loin d'être pareil que devant lafoule impressionnante des Championnats du mondeou dans une arène olympique. «Le rêve, c'est de remporter une médaille aux JeuxOlympiques. Mais tout peut toujours arriver. Il s'agit des'exécuter sous la pression du jour», explique Peter.Le deux garçons sont déjà des héros nationauxdans leur pays respectif. Mais qu'est-ce qui fait que lespeuples de ces îles, notamment ceux de Micronésie,excellent dans ce sport? «La force est l'un des attributs naturels des îliensdu Pacifique», comme l'explique Coffa. «Dès le plusjeune âge, le buste se développe bien. Ceci pour denombreuses raisons, qu'il s'agisse de la combinaisongénétique ou du style de vie. Nombre de jeunes, parexemple, adorent grimper dans les cocotiers et, si vous analysez le mouvement, vous vous rendez comptequ'ils se servent fortement de leurs jambes tout enprenant appui sur le haut du corps». «Si un haltérophile du Pacifique obtenait unemédaille à Beijing, l'événement aurait naturellement uneportée historique et ne manquerait pas de souligner lesuccès du programme de la Solidarité Olympique. Maisplus encore, cela galvaniserait les autres athlètes duPacifique qui ont tant de talent.»Minginfel peut remercier sa famille de lui avoirpermis de trouver un sens à sa vie lorsqu'il avait dix ans. Tout jeune adolescent, il se dirigeait vers un avenir incertain jusqu'au jour où un oncle le pritsous son aile et lui fit connaître le sport.Après avoir gagné la toute première médailled'haltérophilie de la FSM aux Mini Jeux du Pacifique Sudaux Samoa américaines en 1997, il s'est installé à Naurupour poursuivre son entraînement. Mais Minginfel eutencore d'autres obstacles à surmonter, notamment ledécès de son père alors qu'il préparait les Jeux de 2000à Sydney et celui de sa mère peu de temps après. Cela ne l'a pas empêché de parfaire sonentraînement. Il a continué à se développer, ce qui l'a mené à obtenir la dixième place aux Jeux de 2004 à Athènes. Ensuite, il a obtenu une bourse de la Solidarité Olympique et l'an dernier, auxChampionnats du monde à Saint-Domingue, il adécroché une médaille de bronze en épaulé-jeté. Peter a découvert l'haltérophilie un peu parhasard car le centre d'haltérophilie de Nauru estsitué dans des locaux de son lycée. «Pendant un an ou à presque, de la fenêtre, j'ai observé les haltérophiles s'entraîner avec Paul.Chaque fois, ils m'incitaient à venir les rejoindre etmoi je déguerpissais car j'étais plutôt timide. Un jour,ils m'ont fait entrer dans la salle et j'ai regardé laséance d'haltérophilie de l'intérieur. Depuis lors, jefais partie du groupe d'haltérophilie.»À présent qu'ils ont les yeux fermement rivés sur Beijing 2008, il est clair que les deux athlètesportent leur regard loin en avant.?www.olympic.org/fr/organisation/commissions/solidarity/index_fr.asp