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66REVUE OLYMPIQUERECHERCHE OLYMPIQUEanalysent les contributions des Jeux et se penchentsur les nombreuses dépenses olympiques qu'ellessoient directes ou indirectes.Ce qui résulte d'unchangement à long terme de l'attractivité de la villehôte jugée d'après ses «facteurs de localisation» -lesdivers éléments utilisés pour déterminer le fait qu'unlieu donné fait l'objet d'une demande - est indécelablecar il est difficile d'isoler les effets olympiques desactivités non olympiques, que ce soit durant les Jeux ou,et d'autant plus, après leur déroulement. Il est égalementnécessaire de préciser que l'impact économique directd'une édition des Jeux est de courte durée. On nes'étonnera donc pas de ce que nombre de chercheursne décèlent aucun effet significatif sur le produit nationalbrut (PNB). Dès lors, les Jeux ne soutiennent pasdurablement la croissance économique d'un pays, maisil est indubitable qu'ils changent la ville hôte.TRANSFORMER LA VILLE HÔTE Bien que les études d'impact ne retiennent que lescontributions et les conséquences macroéconomiquesdes activités liées aux Jeux, les analyses coûts-avantages étudient les autres effets, tels que lepotentiel et la productivité et considèrent les élémentsqualitatifs apportés à la ville. La transformation deBarcelone, qui a vu une augmentation significativedes visites touristiques après les Jeux en 1992, enest un bon exemple. Parce qu'elles doivent offrir desinfrastructures adéquates pour les Jeux, lesmunicipalités entreprennent une transformation urbaineaccélérée qui peut être considérée comme le legsolympique majeur. Même si les sites sportifs spéciauxpour les Jeux ne sont pas nécessaires à long terme, ondoit tenir compte de la transformation de l'ensemble dela ville lorsqu'il s'agit d'évaluer l'opportunité des coûtsen fonction des fonds assez limités que verse la ville.Les projets additionnels sont fréquents durant lapréparation des Jeux et sont directement raccrochés à la transformation de la ville. Dans certains cas, lerésultat est positif en ce sens que les obstacles sontplus faciles à surmonter lorsqu'un projet est intégré auschéma olympique. Mais cela peut aussi être négatiflorsque la pression des délais entraîne des surcoûtsvoire des abandons de projet. Les Jeux pour leur part,ont nécessité une infrastructure plus ou moinssemblable au fil des ans et donc seule uneaugmentation modérée des coûts peut se justifier.L'accroissement impressionnant des coûts globaux entreAtlanta en 1996 et Londres en 2012 provient de la ville.La réflexion en vue d'une candidature àl'organisation des Jeux se fonde souvent seulementsur la mesure économique des contributions desJeux. De nouvelles recherches se concentrent àprésent davantage sur les modifications des facteursde localisation de la ville et la détection de lacroissance économique et d'autres élémentsintangibles à long terme. INTANGIBLES : LES BÉNÉFICESÉCONOMIQUES INCONNUSL'un des principaux legs intangibles de la tenue desJeux est le bien-être économique général etl'amélioration des facteurs de localisation de la ville.Récemment, des chercheurs se sont efforcés decréer de nouvelles méthodologies mieux à même demesurer les effets intangibles et leur influenceindirecte sur l'économie de la ville hôte. Il en ressortle marketing de localisation au niveau mondial,l'indice de bonheur des habitants, les facteurs dedivertissement et de bien-être de la population, lesenvies de consommer ou d'investir localement, lacapacité à développer des ressources humaines ousimplement la réduction des dépenses de santé dufait de l'incitation des habitants à pratiquer le sport. Bien qu'ils soient difficiles à évaluer, ces élémentsvariés et intangibles sont de toute évidence lesprincipaux bénéfices économiques potentiels. GAGNANTS ET PERDANTSÉCONOMIQUES Les Jeux Olympiques ont plusieurs gagnants. Enpremier lieu, le personnel politique local qui peut utiliserles ressources extérieures affluant sur la ville, tellesque les subventions gouvernementales, ou laréallocation dans le cadre du budget municipal pourmodifier la structure de la ville conformément auxpriorités politiques. Le deuxième gagnant est l'industriedu bâtiment qui peut compter sur des contrats deconstruction importants qu'il s'agisse de parcs,d'hôtels, de routes, d'équipements sportifs, d'unitésd'habitation et parfois de centres de congrès et defoires commerciales. Beaucoup de ces projetscontribuent au reclassement de certains secteurs de la ville, l'achat et la rénovation de maisons dans desquartiers urbains détériorés est un processus quibénéficie aux catégories de revenus plus élevés,troisième groupe de gagnants. Le quatrième estreprésenté par les touristes qui bénéficient d'uneinfrastructure touristique améliorée et d'attractionsnouvelles dans la ville hôte. L'ensemble des habitantsde la ville sont également un groupe gagnant, puisquepour beaucoup, ils bénéficient du sursaut général del'activité économique et d'une offre de services plusvaste grâce aux améliorations des infrastructuresurbaines et de l'image de la ville. Bien que l'activitééconomique liée aux Jeux diffère d'une ville hôte àl'autre, l'espace urbain transformé, la meilleure imageet une plus grande demande générale conduisent àune augmentation des revenus et des emplois. Lescritiques selon lesquelles cette augmentation desrevenus et du nombre des emplois ne bénéficie qu'auxmembres des classes moyennes et supérieuresdoivent être rejetées. Chaque activité stimulée par lesJeux crée une demande et donc de l'emploi et/ou uneÀ droite:lesuccès des Jeuxde 2000 à Sydneya inscrit la villesur la carteinternationale.Ci-dessous, à droite: les Jeuxde2012entraînent unréaménagementbien mérité des quartiers est de Londres.Ci-dessous, tout à droite: lenouvel aéroportinternational deBeijing a étéconstruit pour lesJeux de 2008.

élévation des revenus, directement et indirectementaussi dans des secteurs non visiblement liés aux Jeux.Les Jeux affectent négativement certains groupes,cependant. Ils servent un réseau d'objectifs trèscomplexes et les gagnants sont ceux dont l'objectif aété intégré. Investir dans les Jeux signifie aussi que lesfonds publics affectés aux Jeux ne peuvent l'être àd'autres activités. Les perdants sont donc tous ceuxdont les autres objectifs ne peuvent être servis et quiauraient pu être réalisés si les Jeux n'avaient pas eulieu dans leur ville. Nombre de perdants se trouventdonc dans les groupes des bas revenus, étant donnéles priorités évidentes d'éducation, d'habitat bonmarché, de soins médicaux adéquats et d'intégrationsociale - aspects non directement soutenus par lesJeux Olympiques. En outre, les pauvres peuventsouffrir de l'embourgeoisement de la ville. Lors de la candidature à l'organisation des Jeux, les effetspotentiellement négatifs et leur capacité à êtresupportés d'un point de vue économique exigent les poursuites de la recherche. ?REVUE OLYMPIQUE67Le Dr Holger Preuss est professeurd'économie et de sociologiesportives à l'Institut des sciences dusport de l'Université J. Gutenberg deMayence (Allemagne). Ses domainesde recherche sont la mesure des impacts économiques, lesprocédures de candidature, le tourisme, l'héritage desgrandes manifestations sportives et le marketing pirate.