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66REVUE OLYMPIQUERECHERCHE OLYMPIQUEdéveloppement dansune seule et même ville (Lusaka, capitale de la Zambie). Ces chiffres très différents témoignent simplementde l'intérêt particulier de chacune des études réalisées.Tandis que les chercheurs nord-américains étudiaientdes programmes pouvant être perçus comme desinitiatives de «développement sportif», l'équipe africaines'intéressait à des activités moins visibles. Une grandepartie du sport qu'ils constataient était proposée hors ducircuit des agences officielles les plus connues. En fait,les entités sont souvent des groupes locaux ou desinstitutions, telles les écoles qui, dans leur milieu, sechargent des problèmes comme celui de l'encadrementde la jeunesse. Elles priviligient le sport car c'est unmoyen efficace de toucher les publics choisis. Cetteoeuvre de développement axée sur le sport, moinsformelle et moins bien documentée, démontre que ladiffusion et l'accroissement de la pratique sportive dansle contexte du développement sont plus importants quene le laissent supposer les estimations officielles.LA CONTRIBUTION DU SPORT AUXOBJECTIFS DE DÉVELOPPEMENTINTERNATIONALLe travail sur le terrain est plus difficile à définir, àconstater et à mesurer que les programmes plusformels et plus visibles auxquels les grandesorganisations telles que l'UNICEF ou le CIO ont tendanceà participer. Le fait qu'un grand nombre de projetslocaux existent illustre bien le fait que l'intérêt porté au sport est désormais répandu. Par bien des façons,déterminer la portée de ces activités sur le terrain estune nouveauté excitante pour le sport. En effet, celadémontre que c'est un outil efficace auprès des jeunesnotamment. Ces projets vont de ceux qui fontsimplementappel au sport pour mobiliser la jeunesseet leur proposer des activités divertissantes à ceux dontles objectifs sont beaucoup plus ambitieux socialementtels que la réduction de l'absentéisme scolaire etl'incitation à apprendre, la diffusion de l'éducationsanitaire et l'information sur le VIH-SIDA, mais aussi ledéveloppement de l'autonomisation des jeunes femmes.Les programmes sportifs peuvent donc avoir desbuts nobles. Nombre d'entre eux aspirent à deschangements sociaux, ils souhaitent renforcer leschances des couches sociales les plus défavorisées etles moins éduquées en proposant des connaissancesqui leur permettront de faire des choix informés surles principaux aspects de leurs vies. Grâce à de tellesstratégies, le sport a le potentiel de contribuer auxObjectifs du millénaire pour le développement. Mais ils'agit de problèmes complexes pour les programmessportifs et ils entraînent des questions importantespour les chercheurs: comment devrait-on effectuerdes recherches sur le sport dans le contexte dudéveloppement international? Et dans quelle mesurela recherche nous signifie-t-elle l'efficacité du sport?ÉTUDIER LES IMPACTS DU SPORT L'étude des conséquences sociales du sport a toujoursprésenté des difficultés. Le problème est en partieméthodologique: définir des concepts tels quel'autonomisation et la cohésion sociale ne va pas desoi, non plus que de déterminer comment cela seramesuré. Les budgets souvent trop limités ne permettentpas de bien discerner la complexité des voies que lesport doit emprunter pour contribuer au changementsocial et restreignent le temps passé sur le terrain. Leurpériode d'exposition au contexte culturel dans lequel lesport opère pour ces initiatives de développement estlimitée et les chercheurs ne peuvent que rarementétayer les instruments de recherche culturellementappropriés. Ainsi, nombre d'études concentrées sur unprojet donné font appel à des outils quantitatifs et s'entiennent principalement aux impacts comportementauximmédiats. La plupart ne traitent pas les influencescontextuelles plus larges ou les impacts du sport àlong terme et ont un pouvoir d'explication restreint. COMMENT LE SPORT CONTRIBUE AUDÉVELOPPEMENT INTERNATIONALDe plus en plus, les chercheurs s'efforcent de mettreau point des méthodes leur offrant une perceptionmeilleure du contexte dans lequel évoluent lesprogrammes de développement sportif, afin decomprendre l'impact de cette pratique sur les individusconcernés et sur leurs interactions sociales. L'intérêt aplus porté jusqu'à présent sur les méthodesqualitatives, avec groupes de discussion et interviewsapprofondies, et l'augmentation du nombre departicipants aux procédures de recherche. Cetteméthode comporte des problèmes car il est difficile devérifier les comptes rendus individuels et souvent leslangues de travail ne vont pas sans contrainte.Néanmoins, les études des cinq dernières années ont déterminé quelques-uns des principaux bénéficesdu sport et permis une meilleure compréhension. Lescinq bénéfices qui s'imposent sont les suivants: Le sport présente des qualités propres à mobiliserles jeunes. Le sport peut être attractif, divertissantpour des participants expérimentés ou non. Lessports d'équipe peuvent permettre de développer unensemble de compétences personnelles et socialespar la pratique d'une activité agréable. Le sport peut être très efficace dans la promotionet/ou la transmission de l'éducation. Le sport peutcontribuer à améliorer les niveaux d'éducationindirectement, en attirant les jeunes à l'école, oudirectement, grâce à un contenu éducatif proposé dansle cadre d'activités sportives. L'activité physique quefont les jeunes en pratiquant le sport peut êtreparticulièrement pertinente pour renforcer leurÀ droite:lesétudes montrentque le sport peutêtre très efficacepour promouvoirdes messageséducatifs auxjeunes. Ci-dessous, à droite: le centre pour ledéveloppementde la jeunesse àLusaka est leprojet phare duCIO en matière dedéveloppementinternational. compréhension de la santé. Par ailleurs, les activitéssportives peuvent aussi proposer des messageséducatifs spécifiques comme dans nombre de jeuxéducatifs sur le VIH-SIDA. Le sport peut jouer un rôle important dans leursrelations avec les adultes. La nature informelle du sport favorise une relation ouverte et démocratique entre jeunes et adultes qui les encadrent, facilitant leséchanges d'informations dont les jeunes ont besoin pourprotéger et gérer leur vie. Davantage de crédibilité estaccordée à leurs entraîneurs avec lesquels existe unerelation étroite grâce au sport, plutôt qu'en salle declasse où les enseignants sont plus autoritaires. Le sport mobilise davantage. Le sport peut mobiliserles jeunes «en marge», insensibles aux dispositions etaux institutions destinées au grand public. La rechercheen Zambie et au Brésil a montré que les jeunes qui nesont pas sensibilisés au VIH-SIDA dans le cadrescolaire, le deviennent grâce au sport. Celui-ci peutaussi avoir de l'effet au-delà de ceux qui le pratiquenteux-mêmes. Ainsi, les jeunes femmes d'un programmed'autonomisation à Delhi partageront leurs nouvellesconnaissances avec leurs amies et leurs familles. Les expériences positives qu'offre le sport peuventêtre reprises dans d'autres contextes. Ce que le sportenseigne peut servir ailleurs.Ainsi, les compétencessportives entraîneront une plus grande confiance en soi et renforceront les capacités de communication, ce quipourra aider les jeunes à se responsabiliser dans lecadre familial, scolaire et social. La pratique sportive, en équipes notamment, renforce aussi la capacité àprendre des décisions, ce qui est utile autant à lamaison qu'à l'école; encourage des actions collectiveset permet de respecter une discipline personnelle et dese contrôler; autant de compétences utiles dans la vie.L'étude des contributions du sport au développementinternational se poursuit. En accordant une plus grandeattention aux contextes sociaux, culturels, économiqueset politiques qui influencent les expériences sportives,les chercheurs approfondissent la compréhension del'impact potentiel du sport à long terme. ?REVUE OLYMPIQUE67Dr Tess Kay est professeure de sport etsciences sociales à l'Université Brunel(Royaume-Uni). Ses recherches portentsur le sport de la jeunesse et, enparticulier, sur la diversité et l'inclusion,le développement international et lesport, la famille et l'éclosion des talents. |