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74REVUE OLYMPIQUEMES JEUXParticiper aux Jeux Olympiques est uneexpérience très différente de n'importe quellecompétition de haut niveau. Avant mon départpour les Championnats du monde, on m'arrêtait dans larue pour me souhaiter bonne chance. Avant les Jeux,les gens disaient plutôt: «rapporte-nous une médaille»,comme s'ils vivaient les Jeux avec moi! Je savais jusqu'où je voulais aller dans ma carrièrede biathlon et j'avais conçu les différentes étapes parlesquelles je devais passer pour y parvenir. Monintention était de commencer par les Jeux à Salt LakeCity, suivie d'une participation aux Jeux à Turin avecéventuellement une médaille, et ensuite décrocher l'orà Vancouver. Remporter déjà ma première médaille debronze à Salt Lake City a tout chamboulé. À Turin, j'aicommencé par obtenir l'or en poursuite individuelle,puis la médaille de bronze dans le relais. C'est une sensation étrange et merveilleuse dedevenir champion olympique. Je me souviens d'AntoineDénériaz deux jours avant ma course à Turin, je me suisdit: «Ouah, il est champion olympique!» Deux jours plus tard c'était mon tour. Peut-êtrequ'Antoine m'a transmis la «touche en or»!Ma course à Turin fut vraiment optimale. Lespositions de départ en individuel sont déterminées parle sprint qui se déroule quelques jours plus tôt. J'étaiscinquième et lorsque des journalistes m'ont demandési j'étais déçu, j'ai répondu: «Sûrement pas!» Je savaisque j'étais bien préparé et que j'étais prêt à tout donner. Le jour dit, je me suis entièrement concentré surma course. Tout s'est bien enclenché le moment venuet je savais que je l'avais en moi. Parfois, je medemande si une part de chance ne m'a pas aidé àremporter la médaille d'or et puis je fais un retour enarrière et je vois bien que c'est le résultat d'annéesd'entraînement et de préparation minutieuse. Les minutes qui suivent la course sont floues,mais ce fut extrêmement intense. Énormément degens se pressent autour de toi pour te féliciter avantd'être accompagné à la conférence de presse. La remise de la médaille, plus tard dans lajournée, fut un épisode fabuleux. J'ai eu la chance deme retrouver sur le podium avec Ole Einer Bjoerndalenet Sven Fischer, deux biathlètes extrêmementimpressionnants que j'apprécie beaucoup. Le plustouchant fut de voir qu'ils étaient tous les deuxsincèrement ravis que j'aie gagné. Nous sommes devieux amis et j'ai beaucoup de respect pour eux. Quatre ans plus tard aux Jeux à Vancouver, j'ai eul'honneur d'être le porte-drapeau de la délégationfrançaise à la cérémonie d'ouverture. Ce n'est pas uneoffre à prendre à la légère. J'ai été particulièrement fierde conduire «mon équipe» aux Jeux Olympiques. Le plus émouvant pour moi aux cérémoniesolympiques est l'instant de l'allumage de la flamme audébut des Jeux puis, deux semaines plus tard, celui oùelle est éteinte. À Vancouver, je me souviens d'avoirpensé au moment où elle disparaissait que c'était ladernière fois que je vivais cela en tant qu'athlète.» ?À droite:Vincent skie vers l'or dans l'épreuvemasculine de la poursuite individuelle à Turin.MES JEUXVINCENTDEFRASNEEN GAGNANT L'OR EN 2006, LE BIATHLÈTE FRANÇAIS, VINCENT DEFRASNE, ACCOMPLIT SON RÊVEOLYMPIQUE. SON PALMARÈS OLYMPIQUE COMPREND ÉGALEMENT DEUX MÉDAILLES DE BRONZE ETL'HONNEUR DE PORTER LE DRAPEAU À LA CÉRÉMONIE D'OUVERTURE À VANCOUVER.INTERVIEW:KATHLEEN DI GIACOMOSALT LAKE CITY 2002Bronze: relais masculinTORINO 2006 Or: poursuiteindividuelle; Bronze: relais masculin |