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Les Jeux Olympiques de 2012 à Londres marqueront le centenaire de la première organisation officielle d'activités artistiques et culturelles, ces autres piliers de l'Olympisme, parallèlement aux sports. Cet anniversaire est une occasion de réfléchir sur ce que la culture et les arts ont apporté aux Jeux Olympiques. Depuis la production de films d'avant-garde aux innovations graphiques, en passant par les nouveaux concepts d'arts et autres modes d'occupation des espaces publics, les programmes culturels olympiques passés ont laissé leurs marques sur la pratique artistique. Peu de choses, cependant, filtraient de ces expériences positives et leurs bénéficiaires directs étaient généralement quelques rares privilégiés. En effet, pour la plus grande part du XXe siècle, le programme artistique olympique fut jugé comme autant d'occasions d'exposer l'excellence à partir d'une conception étroite des arts. Mais depuis que les Jeux sont devenus une manifestation médiatique attirant un public mondial massif, cette orientation s'est révélée de moins en moins adaptée. Cet article retrace les avancées particulières des Jeux de 2012, en vue de faire de ces quatre années d'Olympiade culturelle le programme le plus accessible, le plus ouvertement destiné à la jeunesse, le plus innovateur et le plus à même de mobiliser autour de l'Olympisme.La candidature de Londres s'était imposée par son discours créatif, tablant sur sa réputation de ville originale, lieu de référence mondial pour les industries et l'inventivité culturelles. Le projet pour les Jeux de 2012 mettait l'accent sur une Olympiade culturelle dont la mission serait de sensibiliser l'ensemble du pays. Proposer un tel programme n'était pas nouveau en soi mais précédemment, les comités d'organisations des Jeux Olympiques (COJO) avaient dû lutter pour rendre leur programme pertinent au niveau national et pour que les experts autant que le grand public l'apprécient. Cela reflétait le manque d'intérêt des médias, les conflits de partenariats et de réglementation de marques commerciales, mais aussi les difficultés à trouver un équilibre entre les priorités des programmes artistiques d'une part et celles des programmes sportifs des principales parties prenantes. Pour relever ces défis, Londres a affecté à la culture une structure d'organisation et de promotion propre, et créé 13 postes de création de programmes dans chaque région du pays. En outre, une marque a été conçue: «Inspired by 2012» et est réservée aux activités artistiques non commerciales en relation avec les Jeux. Ces innovations de l'Olympiade culturelle de Londres serviront d'exemples aux Jeux suivants.UNE STRUCTURE À L'ÉCHELON NATIONALReprenant une idée lancée lors des Jeux à Barcelone en 1992, Londres a proposé une Olympiade culturelle sur quatre ans. Les personnes en charge du programme créatif de Londres 2012 ont été nommées en 2008 et sont depuis restées en fonction, offrant ainsi une ? À gauche: l'Olympiade culturelle de Londres 2012 est la plus grande et la plus variée des célébrations culturelles de l'histoire moderne du Mouvement olympique.FAIRE VIBRER LA CORDE SENSIBLELONDRES 2012 A CRÉÉ UNE NOUVELLE FORME D'HÉRITAGE OLYMPIQUE ET CULTUREL À L'ÉCHELON NATIONAL. BEATRIZ GARCÍA A ENQUÊTÉ SUR CE QUI POSITIONNE L'OLYMPIADE CULTURELLE DE LONDRES EN TANT QUE NOUVELLE RÉFÉRENCE. REVUE OLYMPIQUE 63RECHERCHE OLYMPIQUE rare occasion de continuité culturelle toute la durée de l'Olympiade. L'Agence nationale de développement des activités culturelles en Angleterre (Arts Council England) et ses homologues d'Écosse, du Pays de Galles et d'Irlande du Nord ont financé ces postes qui ont permis une coordination en parallèle de celle du COJO. Cette structure a favorisé une programmation plus adaptée au niveau local, ce que les précédentes éditions des Jeux n'avaient que difficilement réalisé avec une structure dépendante du COJO et centrée sur les Jeux et leur déroulement.Afin d'encourager une nouvelle programmation culturelle en relation avec les Jeux et de la rendre la plus ouverte et la plus populaire possibles, les parties prenantes de Londres 2012 ont opté pour une structure de financement parallèle. Le Legacy Trust UK, établi en 2008, est l'un des trois principaux bailleurs de fonds de l'Olympiade culturelle qui a affecté GBP 40 millions à 4 programmes nationaux et à 12 programmes régionaux, indispensables pour installer une stratégie qui se poursuivrait après les Jeux. C'est la première fois qu'un tel accent est mis sur la pérennité d'un programme culturel des Jeux. Ceci va de pair avec la décision de nommer un comité directeur responsable de la question du legs de l'Olympiade et de financer un programme d'évaluation de celle-ci. Cette structure à l'échelon national a entraîné une série de réalisations. En premier lieu, la création d'un réseau d'opérateurs culturels spécialisés respectant des délais et des objectifs communs a renforcé les relations interrégionales du pays et favorisé de nouvelles méthodes de travail. Ce maillage a représenté une médiation fiable au niveau local pour les activités culturelles relatives aux Jeux. Ainsi chaque région a eu la même possibilité de s'approprier les Jeux.Deuxièmement, ce réseau parallèle, doté d'un financement et d'une identité visuelle distincts, a facilité l'apparition, partout dans le pays, de thèmes et d'ambitions dont la vision des Jeux de 2012 est à l'origine. Ainsi, des programmations à l'intention de la jeunesse ont vu le jour, mais aussi des oeuvres artistiques de personnes handicapées (synergies importantes des activités olympiques et paralympiques). Autant de modes d'exploration des synergies entre l'art, le sport et la santé mais aussi des nouveaux idéaux du Mouvement olympique qui touchent les divers publics britanniques. En outre, un projet d'un réseau social, #media2012, fait le lien entre éducateurs et artistes à l'échelon national. Il vise à relater l'aspect culturel des Jeux de manière journalistique, en insistant sur leurs valeurs universelles. Enfin, la création d'un réseau national permanent a permis de gérer de manière plus efficace l'orientation de l'activité régionale vers le thème principal des Jeux de 2012 à Londres, lui permettant ainsi de pouvoir s'inscrire dans le patrimoine visuel de ces Jeux. Des synergies avec d'autres programmes olympiques ont été également facilitées, que ce soit avec le relais de la flamme olympique ou avec les sites de direct en plein air, lesquels, sous la bannière du Festival de Londres 2012, exposeront avec éclat davantage d'activités de l'Olympiade culturelle qu'auparavant. LE FESTIVAL DE LONDRES 2012: LA CULTURE DURANT LES JEUXCertes, l'action des programmeurs et le Legacy Trust UK ont été essentiels à une participation nationale et ont permis de multiplier les contributions des divers publics. Néanmoins, pour que l'Olympiade culturelle sensibilise le monde, il était indispensable de maximiser sa présence dans les médias et de faire preuve d'excellence à un niveau comparable à celui des compétitions sportives dans la ville hôte durant les Jeux. Ceci explique le lancement du Festival de Londres 2012, présenté comme l'apogée de l'Olympiade culturelle en contraste avec ce qui a été proposé jusqu'à la fin 2011. Chapeauté par Ruth Mackenzie, seule et unique directrice artistique, il est concentré sur l'excellence de classe mondiale et insiste sur la portée et la signification internationales d'une programmation exceptionnelle. Le festival, de juin à septembre 2012, établit un lien entre le relais de la flamme olympique, les Jeux Olympiques et les Jeux Paralympiques qui suivent. Il aura cours dans tout le pays mais son programme est surtout concentré sur Londres durant les Jeux. Afin que les fans olympiques en profitent au maximum, des films spécia-lement commandés seront diffusés sur grand écran, en plein air, partout dans la ville. La directrice a souligné son ambition de favoriser une expérience différente de la À droite: les projets tels «Big Dance 2012» et «Candoco Unlimited» (ci-dessous) sont de nouvelles manières de connecter l'art à l'activité physique.64 REVUE OLYMPIQUERECHERCHE OLYMPIQUE |