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44REVUE OLYMPIQUE CONGRÈS OLYMPIQUE Comment percevez- vous le rôle du Mouvement olympique dans la société d'aujourd'hui? Le Mouvement olympique représente une philosophie qui a pour but de mettre le sport au service du développement harmonieux de l'homme. C'est une chance extraordinaire d'être guidé par une mission aussi noble. C'est aussi une responsabilité que nous devons honorer au quotidien, car nous avons tous librement consenti de choisir une démarche philosophique qui s'inscrit au- delà des règlements, des lois ou des contingences commerciales. Nous avons surtout choisi de faire rêver. Un athlète, une FI, un CNO ou les organisateurs des Jeux Olympiques, chacun doit faire preuve de respect par rapport à ce bel idéal et trouver les moyens de servir la cause olympique. Les Jeux Olympiques sont- ils toujours au service de l'Olympisme, une philosophie de vie? Plus que jamais! Vous savez, j'ai la chance extraordinaire d'avoir vécu l'Olympisme depuis près de 50 ans. Le constat est clair: les Jeux Olympiques deviennent plus importants non seulement pour le pays hôte, mais aussi pour la société. Lorsque je vois les ambitions de Vancouver, Londres ou Sotchi, pour prendre les exemples les plus récents, se matérialiser dans des domaines aussi vastes et diversifiés que l'environnement, le développement urbain, la pratique sportive ou encore la réinsertion sociale, je ne peux m'empêcher de penser que nous servons parfaitement l'Olympisme. Lorsque je découvre à quel point les villes candidates sont visionnaires et intelligentes dans l'utilisation des Jeux pour façonner un futur meilleur, je me dis qu'ils sont pleinement utilisés pour ce qu'ils sont: le plus grand événement sportif au monde. Et puis, je côtoie des athlètes qui me font part de leur rêve de participer aux Jeux, sommet absolu d'une carrière sportive. Ce sont eux qui, par leurs déclarations, leurs comportements, leurs exploits finalement, continuent de nous inspirer à être le meilleur de nous- mêmes au quotidien. Lorsque l'on fait ces constats là, il n'y a aucun doute que nous sommes fidèles à l'esprit initial. Comment le CIO peut- il faire en sorte que les Jeux demeurent la plus grande manifestation? Dans le domaine événementiel, les participants, qu'ils soient partenaires commerciaux, spectateurs ou athlètes, sont à la recherche d'émotions fortes, synonymes d'expériences uniques. Ce qui est vrai pour toute compétition sportive l'est encore plus dans le cadre des Jeux Olympiques. Tous les deux ans, alternativement entre l'été et l'hiver, une très grande partie du monde vit au rythme sportif des Jeux et ce, quel que soit le contexte politique, économique ou culturel dans lequel on vit. Pour demeurer la plus grande, ou plutôt la plus belle manifestation sportive, je crois qu'il y a quelques actions que nous devons continuer à mener dans le futur. Le programme sportif demeure bien évidemment le coeur de l'événement. Un processus est en place pour le faire évoluer de façon régulière, et au cours des dernières éditions de nouvelles disciplines et épreuves sont apparues. Au delà du contenu même du programme olympique, il est important de considérer également « la mise en scène » des différents sports. Ce travail sur la forme autant que sur le fond doit aussi se faire dans le cadre de l'Olympiade culturelle, le relai de la torche, des cérémonies, ainsi que des activités urbaines. Et puis, je souhaite également aborder la question de l'image et de la perception. Comme mentionné précédemment, si le contenu reste fondamental, le contenant l'est de plus en plus. Le CIO et les acteurs du Mouvement olympique présentent une image, et par conséquent l'expression d'un style de vie classique, basé sur le respect de certaines traditions. C'est probablement ce qui contribue au succès du sport institutionnalisé. Dans le même temps, il faut se poser la question de la pertinence de cette image dans un environnement qui se redéfinit en permanence et où les valeurs évoluent. Dans le cadre des Jeux Olympiques, tout ce qui concourt à forger l'image de notre organisation devrait être revu en fonction de ce que nous souhaitons incarner. Enfin, nous devons communiquer « large » pour continuer à s'inscrire dans l'imaginaire collectif. Dans quelle mesure la culture et l'éducation font- ils partie des Jeux aujourd'hui? Je mentionnais précédemment les exemples de Londres et Sotchi, je m'appuierai ici sur le passé récent. À Turin, des Jeux réellement magnifiques comme l'a conclu le président Rogge, la culture italienne dans tout ce qu'elle renferme de chaleur, de créativité, de grandeur et d'élégance aussi, a forgé le projet d'organisation dès sa conception. Je ne citerai que quelques exemples mais croyez- moi, la liste est bien plus longue. Le Lingotto, coeur du patrimoine industriel turinois, était aussi le centre névralgique des Jeux. C'est du reste grâce aux Jeux de 2006 que la transformation d'un site magnifique mais difficile dans une utilisation post- automobile, a été totalement achevée. D'autres édifices publics, faisant partie de la grande tradition architecturale italienne, ont été rénovés pour être prêts à accueillir le monde en 2006. Et puis, pendant les Jeux, c'est tout le Piémont et l'Italie qui se sont unis autour des produits de la terre, de la créativité industrielle et des arts pour créer cette une Olympiade culturelle aussi riche que diversifiée. En matière d'éducation, je crois qu'il n'y a jamais eu de programmes plus ambitieux que lors des récents Jeux de Beijing. Dès l'obtention des Jeux, le gouvernement chinois a mis sur pied un projet visant à toucher tous les enfants en âge de scolarité. Sept ans plus tard, ce ne sont pas loin de 400 millions d'élèves qui ont été exposés à l'Olympisme, à ses valeurs, sa grandeur et sa profondeur, 400 millions d'enfants qui rêvent sans doute de devenir eux aussi les héros d'une génération. C'est extraordinaire, et cela fait beaucoup d'enfants! Dans le cas de la Chine, on constate que l'éducation est aussi la compréhension mutuelle de cultures différentes. En d'autres termes, le monde comprend aujourd'hui bien mieux la Chine et les Chinois comprennent probablement bien mieux le reste du monde. Comment mettre le concept d'universalité en pratique? Je crois que le concept d'universalité s'articule autour de quelques dimensions clé. La participation des athlètes de tous les CNO lors des Jeux Olympiques en est une. Il est fondamental que tous les deux ans, la cérémonie d'ouverture voie défiler le monde entier sous le rayonnement des anneaux olympiques. Il est rassurant de voir le village olympique réunir les cultures et la diversité des cinq continents dans une formidable atmosphère, mélange de fête, de rencontre et d'excellence. Les sports au programme olympique, que j'évoquais plus haut, participent aussi à l'universalité au travers de l'intérêt et du goût des pratiquants autant que de ceux qui les regardent et les apprécient. L'offre est incroyablement riche, c'est l'universalité des goûts! Et puis, il y a l'organisation des Jeux qui relève de plus en plus en plus d'un effort international que local. Pour réussir le défi ultime de la mise sur pied d'un événement de la complexité des Jeux, il faut faire appel à l'expertise la plus pointue, aux entreprises les plus efficaces, souvent au- delà de ses propres frontières. C'est aussi parce que l'effort est international, que les Jeux ont cette résonance. Le Mouvement olympique lui- même renferme l'universalité, au travers des CNO bien sûr, mais également de la composition de ses organes dirigeants. Le Congrès olympique sera le meilleur exemple de la réunion, en un lieu pour un temps donné, de la richesse de nos idées. Enfin, je crois que l'universalité est ancrée au sein du Mouvement car il est fondamentalement ouvert. L'Olympisme au fond appartient à tous ceux qui l'aiment. JEAN- CLAUDE KILLY, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION DE COORDINATION DES JEUX OLYMPIQUES D'HIVER 2014 JEAN- CLAUDE KILLY, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION DE COORDINATION DES JEUX OLYMPIQUES D'HIVER 2014 OLYMPIC WINTER GAMES Ci- dessus: Jean- Claude Killy a une longue expérience des Jeux Olympiques en tant qu'athlète et organisateur.

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